L’essentiel sur les tarifs EHPAD en 30 secondes
- Le prix se compose de trois parties : hébergement (à votre charge), dépendance (partiellement aidé), soins (pris en charge)
- L’écart entre établissements vient surtout du statut (public vs privé) et de la localisation géographique
- Une chambre habilitée aide sociale coûte environ 63€/jour contre 96€ en secteur libre
- Trois aides prioritaires : APA, ASH, réduction d’impôt 25%
- Le reste à charge réel se calcule APRÈS déduction des aides, pas avant
Les trois composantes du tarif EHPAD (et pourquoi ça change tout)
Quand vous recevez un devis d’EHPAD, vous voyez généralement un montant global. Sauf que ce montant agrège trois postes complètement différents, avec des financements distincts. C’est la première source de confusion (et c’est normal, personne ne vous l’explique clairement).
Le tarif hébergement couvre le logement, la restauration, l’entretien du linge, l’animation. C’est la part que vous payez directement, sans aide automatique. Le tarif dépendance finance l’accompagnement lié à la perte d’autonomie : aide à la toilette, aux repas, surveillance. Celui-là peut être partiellement couvert par l’APA. Le tarif soins, lui, est réglé par l’Assurance maladie. Vous ne le voyez même pas sur votre facture.
| Composante | Contenu | Qui finance ? |
|---|---|---|
| Hébergement | Chambre, repas, linge, ménage, animations | Résident (+ ASH si éligible) |
| Dépendance | Aide à la toilette, repas, surveillance | Résident + APA selon revenus |
| Soins | Soins infirmiers, médicaux, kiné | Assurance maladie (100%) |
Dans ma pratique, l’erreur la plus fréquente que je rencontre : des familles qui comparent le tarif total d’un établissement avec le tarif hébergement seul d’un autre. Ça fausse tout. Selon les données CNSA sur la tarification, le prix moyen journalier atteint 63,50€ pour une chambre habilitée aide sociale contre 95,60€ pour une chambre non habilitée. Un écart de plus de 30€ par jour, soit près de 1000€ mensuels.

Pourquoi votre voisin paie 1500€ de moins que vous
Je pense à Jean-Pierre, que j’ai croisé lors d’une permanence d’information il y a quelques mois. Il cherchait un EHPAD à Paris 17ème pour son père. Il pensait avoir tout compris en comparant les prix affichés. Sauf qu’à la première facture, il a découvert 180€ de frais mensuels non prévus : blanchisserie externe, forfait téléphone, participation aux sorties. Ces extras, personne ne les avait mentionnés lors de la visite.
Quatre facteurs expliquent l’essentiel des écarts tarifaires entre établissements :
- Le statut juridique : public, associatif ou privé commercial. Les EHPAD publics et associatifs habilités aide sociale pratiquent des tarifs encadrés. Les privés commerciaux fixent librement leurs prix.
- La localisation : en Île-de-France, comptez 20 à 40% de plus qu’en province pour des prestations équivalentes. C’est le prix du foncier qui pèse.
- Le niveau de dépendance moyen : un établissement accueillant majoritairement des GIR 1-2 (forte dépendance) a des coûts de personnel plus élevés.
- Les prestations incluses ou exclues : certains établissements incluent tout (coiffeur, pédicure, téléphone), d’autres facturent chaque service à part.
32€
Écart journalier moyen entre chambre habilitée ASH et chambre non habilitée
Ce que les familles ignorent souvent : le tarif dépendance varie aussi selon le département. C’est le Conseil départemental qui fixe chaque année les montants par niveau de GIR. Deux établissements identiques, l’un dans les Hauts-de-Seine, l’autre dans l’Oise, n’appliqueront pas le même tarif dépendance. Dans les 23 départements qui expérimentent la réforme CNSA depuis juillet 2025, la participation forfaitaire est fixée à 6,16€ par jour en 2026.
Ce que le tarif affiché ne dit pas : Demandez systématiquement le détail des prestations INCLUSES et EXCLUES. Les frais de blanchisserie externe, téléphone, coiffeur, pédicure et sorties peuvent ajouter 100 à 200€ mensuels à la facture réelle.
Réduire la facture : les 3 aides à demander en priorité
Franchement, je déconseille de signer un contrat de séjour avant d’avoir au moins déposé votre demande d’APA. Je sais que l’urgence pousse à aller vite (et je comprends), mais chaque mois sans aide, c’est plusieurs centaines d’euros de reste à charge évitable. Mme Legrand l’a appris à ses dépens : son premier dossier APA a été refusé pour pièces manquantes. Six semaines de délai supplémentaire, six semaines de tarif plein.
Voici les trois dispositifs à solliciter dans l’ordre :
L’APA en établissement couvre tout ou partie du tarif dépendance. Selon les modalités APA établissement 2026, si vos revenus sont inférieurs à 2846,77€ par mois, vous ne payez que le tarif GIR 5-6 (le plus bas). L’APA prend en charge la différence avec votre GIR réel. Pour un GIR 2, ça peut représenter 400 à 600€ mensuels d’économie.
L’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) intervient si vos ressources ne couvrent pas le tarif hébergement, même après APA. Attention : elle n’est accessible que dans les établissements habilités aide sociale, et elle est récupérable sur succession selon les règles ASH. Le département vous laisse un minimum de 125€ par mois pour vos dépenses personnelles.
La réduction d’impôt s’applique aux dépenses de dépendance et d’hébergement. Selon le barème fiscal 2026, elle représente 25% des sommes versées, dans la limite de 10 000€ annuels. Maximum récupérable : 2500€ par an. Mais uniquement si vous êtes imposable (c’est une réduction, pas un crédit d’impôt).
Attention aux délais : L’APA met généralement 2 à 4 mois à être attribuée selon les départements. Pendant ce temps, vous avancez le tarif plein. Anticipez cette trésorerie dans votre budget initial.
Avant de signer : 8 questions à poser sur les tarifs
- Quel est le tarif hébergement journalier exact (pas mensuel estimé) ?
- L’établissement est-il habilité aide sociale (ASH) ?
- Quels services sont EXCLUS du tarif (blanchisserie, téléphone, coiffeur) ?
- Quel est le tarif dépendance par niveau de GIR ?
- Le tarif est-il révisable en cours d’année et selon quelles conditions ?
- Quels sont les frais en cas d’absence temporaire (hospitalisation, vacances) ?
- Y a-t-il un dépôt de garantie et de quel montant ?
- Pouvez-vous fournir une simulation de facture complète sur mon cas ?

Vos questions sur les tarifs EHPAD
Peut-on négocier le tarif d’un EHPAD ?
Dans les EHPAD publics et associatifs habilités aide sociale, les tarifs sont encadrés : pas de marge de négociation. Dans le secteur privé commercial, c’est théoriquement possible mais rare en pratique, surtout dans les zones tendues comme l’Île-de-France où les listes d’attente sont longues. Ce qui se négocie parfois : l’inclusion de certains services annexes (téléphone, blanchisserie) dans le forfait.
Le tarif peut-il augmenter après l’entrée ?
Oui, mais c’est encadré. Pour 2026, les établissements non habilités aide sociale ne peuvent augmenter leur tarif hébergement que de 0,86% maximum. Les établissements habilités suivent un barème fixé par le Conseil départemental. Le tarif dépendance, lui, peut évoluer si votre niveau de GIR change (réévaluation médicale).
Les enfants doivent-ils participer financièrement ?
Pas automatiquement. L’obligation alimentaire entre en jeu uniquement si une demande d’ASH est déposée. Le Conseil départemental évalue alors les ressources des descendants pour fixer leur participation éventuelle. Sans demande d’ASH, aucune obligation légale ne pèse sur les enfants, même si beaucoup choisissent d’aider volontairement.
Comment connaître le tarif exact avant de visiter ?
Tous les EHPAD doivent transmettre leurs tarifs à la CNSA, qui les publie sur le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr. Vous y trouverez le prix hébergement journalier et le tarif dépendance GIR 5-6. Pour le tarif dépendance selon votre GIR réel, il faut contacter directement l’établissement ou le Conseil départemental.
Ce qu’il faut retenir
Mme Legrand a fini par trouver un établissement à 2800€ mensuels après APA, avec un reste à charge de 1100€ réparti entre la pension de sa mère et une participation de ses enfants. Jean-Pierre a renégocié l’inclusion du forfait téléphone après coup. Deux parcours imparfaits, mais deux familles qui ont appris à décrypter les vrais prix.
Mon conseil (après des années à accompagner des familles) : ne comparez jamais des tarifs bruts. Demandez toujours une simulation complète incluant hébergement, dépendance selon le GIR de votre proche, et services annexes. Faites votre demande d’APA dès que le projet d’entrée en EHPAD se précise, même sans établissement choisi. Et gardez cette liste de questions dans votre poche lors des visites.
Si vous vous sentez perdu dans les démarches, le CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) de votre secteur peut vous accompagner gratuitement. C’est leur métier de démêler ces fils administratifs.
Précisions sur les tarifs et aides 2026
Les tarifs indiqués sont des moyennes nationales ou régionales : chaque établissement fixe ses propres prix. Les conditions d’attribution des aides (APA, ASH) varient selon les départements. Les montants et plafonds mentionnés peuvent évoluer : vérifiez les textes en vigueur.
Points de vigilance :
- Risque de reste à charge sous-estimé si frais annexes non anticipés (blanchisserie, animations, coiffeur)
- Risque de délai d’obtention des aides (2-4 mois) créant un trou de trésorerie initial
Pour un accompagnement personnalisé, contactez le CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) ou l’assistant social du Conseil départemental de votre secteur.
